PME africaines : Access Bank et l’ITC s’allient pour faciliter l’accès aux marchés

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[ACCI-CAVIE] L’accès au financement reste un frein majeur à la croissance des PME africaines, mais le crédit ne suffit plus à expliquer leur difficulté à changer d’échelle. Accéder à un acheteur, répondre à une norme, identifier un distributeur ou préparer un dossier export devient tout aussi décisif. Le partenariat conclu entre l’International Trade Centre (ITC) et l’Access Africa Office d’Access Bank dans quatorze pays, dont le Cameroun, ouvre ainsi un espace à surveiller pour les entreprises qui entendent se positionner sur les marchés de la ZLECAf.

Une banque qui étend son rôle

Signé en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, l’accord associe l’expertise de l’ITC à la présence panafricaine d’Access Bank. Le programme porte sur le financement, la création d’emplois, les compétences numériques liées au commerce, la durabilité et l’accès aux marchés intra-africains. Il accordera une attention particulière aux entreprises dirigées par des femmes et des jeunes. Une phase pilote débutera au Ghana de septembre 2026 à juin 2027, avant une extension annoncée à partir de 2027 vers l’Angola, le Botswana, le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Gambie, la Guinée, le Kenya, le Mozambique, le Rwanda, la Sierra Leone, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et la Zambie.

Cette initiative confirme l’évolution des banques panafricaines vers un rôle d’intermédiaire commercial. Le financement reste leur fonction première, mais l’accès à leurs réseaux, à leurs outils numériques, à leurs données de marché et à leurs partenaires peut désormais peser sur la capacité d’une PME à se développer au-delà de son marché domestique. Avec plus de 700 agences dans 25 pays et 63 millions de clients, Access Bank dispose d’une implantation qui peut structurer de nouveaux circuits d’accompagnement et de mise en relation. La question ne porte donc pas uniquement sur le volume de crédit disponible, mais aussi sur les entreprises, secteurs et territoires qui seront intégrés à ces nouveaux réseaux.

Le pilote ghanéen, un indicateur à surveiller

Le programme pilote ne doit pas être regardé comme une simple opération de formation. Il permettra de préciser les mécanismes appelés à orienter l’élargissement de l’initiative : profils d’entreprises ciblés, secteurs retenus, critères de bancabilité, exigences de durabilité, outils numériques, modalités de formation et partenaires de mise en œuvre. À travers ces choix se dessineront les conditions d’accès aux financements, aux accompagnements et aux réseaux de distribution qui pourront être déployés dans les autres pays.

C’est sur ce point que le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) situe l’intérêt stratégique de l’initiative. Il ne suffit pas de connaître l’existence du programme. Les entreprises doivent pouvoir identifier les décideurs, qualifier les mécanismes de sélection, suivre les partenaires opérationnels et repérer les débouchés effectivement accessibles. La veille des appels, la cartographie des acteurs, l’analyse des chaînes de valeur et le profiling des partenaires permettent d’anticiper les conditions d’accès avant que les premières promotions d’entreprises, les réseaux de prestataires et les circuits commerciaux ne soient stabilisés.

Préparer l’accès avant l’ouverture

Pour les PME africaines, l’essentiel se joue avant l’ouverture des programmes. Les entreprises les mieux positionnées seront celles dont les informations financières sont fiables, les capacités de production clairement documentées, la conformité réglementaire maîtrisée et les débouchés régionaux déjà identifiés. Elles devront aussi être en mesure de démontrer leur traçabilité, leur capacité de livraison, leur compréhension des exigences numériques et leur aptitude à travailler avec un distributeur ou un donneur d’ordre établi dans un autre pays africain.

Cette séquence confirme que l’accès au marché ne commence pas avec un prêt ni avec une inscription à un programme d’appui. Il commence avec la connaissance des acteurs, des critères, des normes, des concurrents et des circuits de distribution qui structurent un secteur. Le CAVIE accompagne cette préparation en aidant les entreprises et institutions à transformer une information générale en décisions de positionnement : sélectionner les marchés prioritaires, identifier les bons partenaires, anticiper les exigences et construire une offre crédible. Dans la Zone de libre – échange continentale africaine (ZLECAf), les organisations qui travaillent en amont sur ces informations ne découvrent pas le marché lorsqu’il s’ouvre : elles s’y présentent déjà avec une stratégie, des partenaires et une position préparée.

La Rédaction