Matière première: l’avenir du marché du cobalt suspendu à la décision de la RDC

You are currently viewing Matière première: l’avenir du marché du cobalt suspendu à la décision de la RDC

[CAVIE-ACCI] Le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) suit de près les fluctuations du marché du cobalt, actuellement suspendu à une décision de la République démocratique du Congo (RDC). Fin février 2025, le pays a annoncé qu’il ne procéderait plus à l’exportation de son minerai pendant quatre mois, provoquant un véritable séisme dans le secteur, étant donné qu’il produit deux tiers du cobalt mondial.

Cette décision a initialement fait grimper les prix du cobalt, mais elle a également asséché le marché. Selon l’Institut du Cobalt, qui représente les industriels du secteur, les stocks disponibles à l’extérieur de la RDC n’étaient que de quatre mois de consommation début janvier 2025. Les raffineries, qui bénéficiaient auparavant de prix bas, se trouvent désormais confrontées à des problèmes d’approvisionnement en matière première.

L’Institut du Cobalt a publié fin mai un rapport détaillant quatre scénarios possibles en fonction des décisions futures de Kinshasa. Les volumes d’exportation de la RDC dans les prochains mois seront déterminants pour la dynamique du marché. Selon les hypothèses, le marché pourrait rester excédentaire jusqu’en 2030 ou, au contraire, connaître un déficit dès 2027, ce qui entraînerait généralement une hausse des prix.

Le positionnement de la RDC pourrait également altérer la consommation de cobalt. Des difficultés d’approvisionnement à long terme pourraient « détruire la demande », favorisant l’émergence de technologies alternatives, comme les batteries LFP (lithium fer phosphate), qui ne nécessitent pas de cobalt.

D’après les dernières données de l’Institut du Cobalt, la demande en 2024 pourrait atteindre un niveau record avec plus de 200 000 tonnes consommées, un chiffre qui pourrait doubler d’ici la fin de la décennie. Le secteur automobile est particulièrement demandeur, avec des prévisions indiquant qu’environ 60 % du cobalt pourrait être utilisé pour la fabrication de batteries d’ici 2030.

À l’échelle mondiale, la RDC, qui représentait 76 % de l’offre mondiale avant de geler ses exportations, devrait voir sa part diminuer à 65 % d’ici 2030. Pendant ce temps, l’Indonésie, dont la part de marché est en forte augmentation, pourrait atteindre 22 % de la production mondiale de cobalt.

Le CAVIE est bien positionné pour accompagner les organisations souhaitant naviguer dans cette dynamique complexe du marché du cobalt. Avec les incertitudes qui planent sur les décisions de la RDC, les acteurs du secteur doivent rester vigilants et informés pour anticiper les évolutions à venir.

La Rédaction