[ACCI-CAVIE] Face à la mutation accélérée des dynamiques géostratégiques, le Cameroun matérialise son dispositif d’intelligence économique. C’est dans cette dynamique que le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) a conduit une formation intensive et certifiante, du 30 juin au 04 juillet 2025, à Yaoundé, au profit de 50 hauts cadres et agents issus des rangs militaires, policiers et civils de la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE). Une décision prise au sommet de l’Etat.
Pour cette mission, l’État camerounais a ciblé une expertise africaine éprouvée : le Dr Guy Gweth, président du CAVIE et auteur de « Puissance237 ». Sa désignation comme instructeur de la DGRE pour l’intelligence économique signale la détermination de Yaoundé à capitaliser sur les savoir-faire endogènes en vue de sanctuariser et de promouvoir ses intérêts vitaux.
Modernisation du spectre de la menace
Traditionnellement orientée vers la veille politico-sécuritaire, la DGRE a élargi son mandat opérationnel aux domaines de conflictualité économique. Désinformation, opérations d’influence, concurrence déloyale pour la captation d’actifs stratégiques, exfiltration de données sensibles, ou encerclement normatif, etc., sont désormais identifiés comme des vecteurs de menace. « La Direction Générale de la Recherche Extérieure, en tant que service de renseignement d’État, se doit d’être en pointe de cette évolution. Notre mission classique de veille et d’anticipation doit impérativement intégrer une dimension d’intelligence économique, focalisée sur la protection des intérêts stratégiques nationaux », a martelé le Directeur Général de la DGRE en ouverture de session le 30 juin 2025 à Yaoundé.
Dense, structurée et enrichis de retours d’expérience, le programme a permis aux participants de déconstruire les offensives économiques asymétriques, d’en évaluer les répercussions concrètes sur le continent et au Cameroun, et d’acquérir les capacités de riposte. Un volet capital a été dédié à l’élaboration d’une doctrine nationale d’intelligence économique, d’une stratégie nationale, d’une politique publique cohérente et un plan d’action opérationnel.
Les apprenants ont également été entraînés à la mise en place d’une veille stratégique à 360°, au fonctionnement d’un dispositif étatique d’intelligence économique rigoureusement adapté au Cameroun et à la production de livrables analytiques directement exploitables par l’appareil décisionnel, le tout en symbiose avec les réalités du terrain et les impératifs de l’État-stratège.
CAVIE : dix ans d’empreinte sur le continent
Le choix du Dr Guy Gweth comme partenaire stratégique de la DGRE n’est pas fortuit. À la tête du CAVIE, il s’impose comme une référence incontournable de la pensée stratégique africaine. Depuis plus de 15 ans, il conseille des gouvernements, des institutions et des majors du secteur privé sur la géostratégie, la souveraineté économique et la due diligence.
Cette collaboration se concrétise à l’approche des dix ans du CAVIE, le 03 août 2025. En une décennie, le Centre a formé un millier de hauts fonctionnaires et cadres privés sur le continent, et a accompagné des entités stratégiques telles que la Présidence de la République ivoirienne et celle du Togo, les ministères des Affaires étrangères de Tunisie et du Bénin, ou encore des institutions financières de premier plan en Afrique à l’instar du groupe BGFI.
Au total, la collaboration entre la DGRE et le CAVIE va bien au-delà d’une simple session de formation. Elle marque un tournant stratégique pour le Cameroun et, par extension, pour le continent africain. Elle démontre la capacité avérée du CAVIE à outiller les services de renseignement et de sécurité africains avec des compétences pointues en intelligence économique et stratégique, en parfaite adéquation avec leurs réalités opérationnelles. Face à des enjeux économiques, financiers et commerciaux mondiaux toujours plus complexes, asymétriques et interconnectés, le CAVIE s’affirme comme un partenaire incontournable pour aider les États africains à protéger leur souveraineté et à sécuriser leurs intérêts stratégiques.
La Rédaction