[CAVIE-ACCI] À l’heure où la transition énergétique mondiale redessine les rapports de force économiques et géopolitiques, la maîtrise de l’information stratégique devient un levier décisif de compétitivité pour les États africains. Le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique (CAVIE) s’inscrit précisément dans cette dynamique en accompagnant les décideurs publics et privés dans l’anticipation, l’analyse et la sécurisation des enjeux liés aux ressources stratégiques. Parmi celles-ci, les minéraux critiques occupent désormais une place centrale dans la reconfiguration de l’économie mondiale.
Les minéraux critiques, cœur de la compétitivité énergétique mondiale
La transition vers les énergies propres entraîne une explosion de la demande en minéraux essentiels tels que le cobalt, le lithium, le cuivre et les métaux du groupe du platine. Batteries pour véhicules électriques, éoliennes, panneaux solaires et systèmes de stockage reposent sur ces ressources, dont la demande mondiale pourrait être multipliée par cinq d’ici 2035. Cette pression sur la demande, combinée à des risques de pénuries et à des chaînes d’approvisionnement vulnérables, confère une dimension hautement stratégique à ces minéraux.
Dans ce contexte, l’Afrique s’impose comme un acteur incontournable. Le continent concentre certains des gisements les plus riches au monde et domine la production mondiale de cobalt, de cuivre et de métaux du groupe du platine, tout en accélérant son positionnement sur le lithium. La République démocratique du Congo, la Zambie, le Zimbabwe, le Mali, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Maroc se situent au cœur de cette dynamique, attirant des investissements massifs et des rivalités géoéconomiques croissantes.
Longtemps dominée par des acteurs extérieurs, notamment la Chine, l’exploitation minière africaine fait aujourd’hui l’objet d’un rééquilibrage stratégique. Les États-Unis et l’Union européenne renforcent leurs partenariats avec les pays africains afin de sécuriser des chaînes d’approvisionnement plus diversifiées, responsables et résilientes. Cette compétition internationale révèle une réalité essentielle : les minéraux africains ne sont plus de simples ressources naturelles, mais des instruments de puissance économique.
Le cobalt et le lithium illustrent parfaitement cet enjeu. La RDC, qui concentre à elle seule plus de la moitié de la production mondiale de cobalt, engage désormais des politiques visant à capter davantage de valeur localement, notamment par le développement du raffinage et le contrôle des exportations. De même, plusieurs pays africains producteurs de lithium renforcent la participation de l’État, investissent dans des capacités de transformation et imposent des stratégies de contenu local. Ces choix traduisent une montée en puissance de la souveraineté économique, fondée sur l’intelligence stratégique et la maîtrise des chaînes de valeur.
Transformer la richesse minérale en avantage stratégique durable
La transition énergétique mondiale offre à l’Afrique une opportunité historique : transformer sa richesse minérale en levier durable de compétitivité, d’industrialisation et d’influence géoéconomique. Toutefois, cette ambition ne peut se concrétiser sans une gouvernance stratégique fondée sur la veille, l’anticipation des risques, la sécurisation de l’information et la valorisation locale.
C’est précisément dans cette perspective que l’intelligence économique, portée par des acteurs comme le CAVIE, devient un outil indispensable pour les États africains. En maîtrisant leurs ressources critiques, en structurant des partenariats équilibrés et en s’insérant intelligemment dans les chaînes de valeur mondiales, les pays africains peuvent s’imposer non plus comme de simples fournisseurs, mais comme des acteurs stratégiques majeurs de l’économie décarbonée de demain.
La Rédaction