[CAVIE-ACCI] Bien qu’il abrite le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) à Accra, le Ghana peinait encore, fin 2025, à briser ses vieux réflexes commerciaux. Malgré l’ambition d’un marché unique, les chiffres révélaient une réalité tenace : le pays échangeait toujours massivement avec l’Europe et l’Asie, laissant le commerce intra-africain à une modeste part de 11 % de ses importations.
Le poids de l’histoire et des structures
Ce déséquilibre n’était pas le fruit du hasard, mais celui de décennies de relations structurées avec l’Union européenne. Les exportateurs ghanéens bénéficiaient de cadres réglementaires clairs, d’une logistique prévisible et de systèmes de financement robustes qui faisaient cruellement défaut sur le continent. Alors que l’or, le pétrole et le cacao dominaient 80 % des exportations, ces matières premières trouvaient preneurs plus facilement à Rotterdam qu’auprès de voisins africains produisant des ressources similaires.
Les obstacles structurels ont longtemps pesé : il était souvent plus rapide et moins coûteux d’expédier des marchandises vers Anvers que vers un pays limitrophe, en raison de la fragmentation des normes douanières et de la faiblesse des infrastructures de transport. Pour le ministère du Commerce ghanéen, le constat était sans appel : sans une accélération de l’agro-transformation et de la valeur ajoutée, l’Afrique ne pouvait commercer des matières premières avec elle-même à grande échelle.
Vers un basculement de tendance d’ici 2035
Malgré ces freins, le Ghana a posé les jalons d’un futur ancré dans le continent. À travers l’Initiative de commerce guidé (GTI), plusieurs entreprises ont commencé à exporter de l’huile de palme et des céramiques vers le Kenya et le Cameroun. Les autorités ont également lancé des plans d’action nationaux axés sur la numérisation des douanes et le soutien technique aux PME pour qu’elles adoptent une vision sans frontières.
Les perspectives restaient toutefois prometteuses : la Banque mondiale anticipait une hausse de 81 % des exportations intracontinentales d’ici 2035. Le gouvernement ghanéen misait sur une politique agroalimentaire stricte pour rendre ses produits compétitifs sur les marchés de Kigali ou du Cap, espérant que l’Afrique devienne enfin une destination commercialement viable et non plus seulement une priorité politique.
Le CAVIE : une boussole dans la complexité africaine
Dans cet environnement où les schémas historiques s’entrechoquent avec les nouvelles ambitions de la ZLECAf, le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) joue un rôle de vigie stratégique. Le Centre surveille de près les goulots d’étranglement structurels et l’évolution des normes de qualité qui freinent encore les échanges.
Pour les organisations et les entreprises qui souhaitent s’extraire de la dépendance aux marchés traditionnels, le CAVIE offre une expertise cruciale. En fournissant des analyses précises sur les risques de change, les barrières non tarifaires et les opportunités de transformation locale, le Centre permet aux décideurs de naviguer avec succès dans les méandres du commerce intra-africain. Le CAVIE reste le partenaire privilégié pour ceux qui veulent anticiper les mutations de 2026 et au-delà, transformant les défis logistiques en avantages concurrentiels.
La Rédaction