ZLECAf : un bureau d’information pour booster le commerce des femmes en Côte d’Ivoire

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[CAVIE-ACCI] La mise en œuvre concrète de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) franchit une nouvelle étape en Côte d’Ivoire. Dans la région d’Aboisso, précisément au poste frontalier de Noé, un bureau d’informations ZLECAf a été mis en place afin de faciliter le commerce transfrontalier des femmes, principales actrices des échanges de proximité entre la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Cette initiative répond à une réalité bien connue sur les frontières africaines : les femmes commerçantes, souvent actives dans l’informel, font face à de multiples obstacles administratifs, douaniers et informationnels qui limitent leur accès aux avantages offerts par la ZLECAf. Manque d’information sur les procédures, coûts élevés des intermédiaires, méconnaissance des régimes préférentiels : autant de freins que ce nouveau bureau ambitionne de lever.

Porté par le Réseau ivoirien des femmes de la ZLECAf (RIFEM-ZLECAf), le bureau d’information se veut un espace d’accueil, d’orientation et d’accompagnement pratique. Les commerçantes y reçoivent des informations claires sur les formalités douanières, les documents requis, les exonérations possibles dans le cadre de la ZLECAf, ainsi que sur les mécanismes de formalisation progressive de leurs activités. L’objectif est double : réduire les coûts et les risques liés aux échanges transfrontaliers, tout en favorisant une meilleure intégration des femmes dans le commerce régional structuré.

En amont de l’ouverture du bureau, plusieurs femmes commerçantes ont bénéficié de sessions de formation et de sensibilisation, organisées notamment à Adiaké. Ces rencontres ont permis de renforcer leur compréhension des opportunités offertes par la ZLECAf : accès élargi aux marchés africains, fluidification des échanges, amélioration de la compétitivité des produits locaux et sécurisation des activités commerciales. Pour nombre d’entre elles, il s’agit d’un premier contact concret avec un dispositif continental souvent perçu comme abstrait ou réservé aux grandes entreprises.

Ce bureau d’information s’inscrit par ailleurs dans une dynamique institutionnelle plus large de facilitation des échanges et d’amélioration du climat des affaires, soutenue par des programmes de développement économique impliquant l’État ivoirien et des partenaires techniques et financiers. Il illustre une approche pragmatique de la ZLECAf : partir des réalités locales pour rendre l’intégration africaine inclusive et opérationnelle.

Dans ce contexte, le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) suit de près ces initiatives de terrain, qui constituent des indicateurs précieux de l’état réel de la mise en œuvre de la ZLECAf. À travers sa veille stratégique sur le commerce transfrontalier, l’économie informelle et l’autonomisation économique des femmes, CAVIE analyse l’impact de ces dispositifs sur les chaînes de valeur locales et régionales.

Les enseignements tirés de l’expérience de Noé peuvent s’avérer déterminants pour les organisations publiques, ONG, institutions régionales et entreprises souhaitant anticiper les évolutions du commerce intra-africain. En mettant à disposition des analyses sectorielles, des notes d’alerte et des recommandations opérationnelles, le CAVIE se positionne comme un outil d’aide à la décision pour accompagner les acteurs désireux de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la ZLECAf, tout en intégrant les enjeux sociaux et territoriaux.

À travers ce type d’initiatives locales, la ZLECAf cesse progressivement d’être un simple traité pour devenir un levier concret de transformation économique, notamment pour les femmes, piliers silencieux mais essentiels du commerce africain.

La Rédaction