[ACCI-CAVIE] L’Afrique dispose d’atouts énergétiques exceptionnels qui pourraient la positionner comme un acteur majeur de l’hydrogène vert à l’échelle mondiale. Pourtant, entre annonces ambitieuses et réalisations concrètes, un écart persistant demeure. Le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique (CAVIE) œuvre précisément à réduire cet écart en accompagnant les décideurs publics et privés dans l’analyse stratégique des projets énergétiques, l’anticipation des risques et la structuration de modèles économiques viables. Le cas de l’hydrogène vert illustre parfaitement la nécessité d’une intelligence économique robuste pour passer de la promesse au financement effectif.
Un potentiel immense freiné par un verrou stratégique
Sur le plan des ressources naturelles, l’Afrique coche presque toutes les cases : ensoleillement exceptionnel, gisements éoliens compétitifs, disponibilité foncière et proximité géographique avec les marchés européens en quête d’énergie décarbonée. Cette combinaison place le continent au cœur des stratégies mondiales de transition énergétique. Pourtant, la majorité des projets d’hydrogène vert annoncés n’atteignent pas l’étape décisive de la décision finale d’investissement, condition indispensable à la mobilisation des financements.
Ce blocage ne relève pas d’un manque d’intérêt international, mais d’un déficit de bancabilité. Les investisseurs se heurtent à des infrastructures encore insuffisantes pour assurer la production, le stockage et le transport de l’hydrogène à grande échelle. À cela s’ajoute une tension structurelle entre les besoins domestiques en électricité et les volumes nécessaires à la production d’hydrogène vert, dans des contextes où l’accès à l’énergie reste un enjeu social et politique majeur. La question de l’eau, ressource indispensable au processus d’électrolyse, renforce cette complexité, notamment lorsque le recours au dessalement accroît significativement les coûts.
Au-delà des contraintes techniques, le véritable obstacle est économique et stratégique. L’absence de contrats d’achat à long terme, de cadres réglementaires stabilisés et de garanties publiques crédibles maintient un niveau de risque jugé excessif par les financeurs. Faute de signaux clairs sur la demande future et les revenus attendus, les projets demeurent dans une zone d’incertitude incompatible avec les exigences des marchés financiers internationaux.
Faire de l’intelligence économique un levier décisif
L’avenir de l’hydrogène vert en Afrique ne dépend pas uniquement de son potentiel naturel, mais de la capacité des États à structurer des stratégies cohérentes, crédibles et lisibles pour les investisseurs. Cela implique une gouvernance énergétique intégrée, une coordination entre politiques publiques, infrastructures et partenariats industriels, ainsi qu’une intelligence économique capable d’anticiper les risques et de sécuriser les chaînes de valeur.
C’est précisément dans cette perspective que l’action du CAVIE prend tout son sens. En apportant une lecture stratégique des marchés, en aidant à structurer des projets bancables et en éclairant la prise de décision, l’intelligence économique devient un outil clé pour transformer l’hydrogène vert africain d’une promesse énergétique en un véritable moteur de compétitivité, de souveraineté et de croissance durable pour le continent.
La Rédaction