Économie bleue et Atlantique africain : lever l’obstacle stratégique à la souveraineté économique

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[ACCI-CAVIE] Dans un monde où les ressources maritimes et la logistique commerciale sont devenues des leviers clés de compétitivité et de souveraineté nationale, la gestion stratégique de l’économie bleue occupe une place centrale pour les États africains. Le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique (CAVIE) accompagne les décideurs publics et privés dans la compréhension des dynamiques géoéconomiques liées aux espaces maritimes, la veille sur les chaînes de valeur océaniques et l’élaboration de stratégies favorisant une exploitation optimale, durable et souveraine des ressources marines.

L’Atlantique africain : un potentiel sous-exploité malgré une position stratégique

L’Afrique possède un potentiel maritime exceptionnel avec plus de 30 000 km de côtes, 38 États côtiers et des zones économiques exclusives vastes, représentant des opportunités majeures pour la croissance bleue. Pourtant, la valeur économique réellement captée par les pays africains reste nettement inférieure à ce potentiel. Le secteur génère environ 300 milliards de dollars de valeur brute annuelle, tirée principalement du transport maritime, de la pêche, du tourisme côtier et des hydrocarbures offshore, mais ce chiffre reste loin du potentiel réel attendu.

Plus de 90 % du commerce extérieur africain transitent par voie maritime, pourtant moins de 2 % de la flotte marchande mondiale est contrôlée par des acteurs africains. Cette dépendance structurelle aux opérateurs étrangers prive le continent de plusieurs dizaines de milliards de dollars de valeur ajoutée chaque année. De plus, les ports africains ne traitent qu’une faible part du trafic mondial, exposant les économies à des coûts logistiques élevés et réduisant leur compétitivité industrielle.

La faible structuration des chaînes logistiques, la transformation limitée des ressources halieutiques et la faible intégration régionale réduisent l’impact macroéconomique des richesses maritimes. Par exemple, malgré une production maritime importante, plus de 60 % des captures sont exportées à l’état brut, générant des pertes de revenus significatives pour les économies locales.

Paradoxalement, certains pays africains ont commencé à peaufiner des visions intégrées liant industrie, logistique, énergie et services, ce qui leur permet de mieux exploiter leur façade atlantique et d’améliorer leur connectivité maritime. Ce changement conforte l’idée que la compétitivité économique maritime dépend autant d’une vision stratégique que d’investissements physiques.

Intelligence économique, intégration et souveraineté maritime

L’Afrique dispose d’un atout inestimable avec son littoral atlantique, mais la transformation de ce potentiel en avantage compétitif exige une stratégie d’intelligence économique robuste. Cela passe par la maîtrise des chaînes logistiques maritimes, la création de valeur locale, la régulation efficace et la formation de partenariats équilibrés.

Le rôle de l’intelligence économique, tel que promu par le CAVIE, est de fournir aux États africains les outils analytiques, les données de marché et les visions stratégiques nécessaires pour exploiter leurs ressources maritimes de manière souveraine et durable. L’enjeu n’est plus seulement d’accéder aux océans, mais de les intégrer pleinement dans les stratégies nationales de développement, de compétitivité et de résilience économique.

La Rédaction