[ACCI-CAVIE] Les banques et opérateurs télécoms nigérians s’imposent comme les premiers bénéficiaires potentiels du marché unique africain estimé à 1 900 milliards de dollars dans le cadre de la Zlecaf. Longtemps concentrées sur leur marché intérieur, ces entreprises cotées à Lagos adoptent désormais des stratégies d’expansion régionale qui renforcent leurs revenus et leur résilience malgré un contexte économique national volatil. Le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE), qui suit de près ces évolutions, estime que cet exemple ouvre des perspectives concrètes aux entreprises et institutions recherchant un accompagnement stratégique pour tirer profit des nouveaux cadres commerciaux.
Alors que le commerce intra-africain ne représente encore que 14,4 % des échanges du continent et que seulement 11 % des investissements transfrontaliers proviennent de pays africains, les groupes nigérians commencent à inverser la tendance. United Bank for Africa est présente dans plus de vingt pays, Access Bank, GTCO, Zenith Bank et First Bank multiplient les implantations en Afrique de l’Ouest, de l’Est et australe. Ces déploiements leur permettent de diversifier leurs revenus, de stabiliser leurs positions en devises et de renforcer leur compétitivité. Du côté des télécoms, MTN Nigeria et Airtel Africa accélèrent leur présence dans une dizaine de marchés, développant notamment les services mobiles et numériques dans des zones encore sous-bancarisées. Globacom et T2 Mobile suivent ce mouvement, misant sur une clientèle jeune et connectée.
Pour Olaniyi Yusuf, président du Nigerian Economic Summit Group, l’Afrique ne pèse que 3 % du commerce mondial malgré 17 % de la population de la planète et des économies en forte croissance. Il souligne que l’expansion régionale est désormais un levier essentiel de compétitivité. Il rappelle aussi que les barrières non tarifaires, les divergences réglementaires et la logistique inefficace renchérissent de plus de 30 % le coût du commerce intra-africain, d’où la nécessité d’une stratégie structurée pour surmonter ces freins. Selon lui, le Nigeria a la responsabilité et l’opportunité de jouer un rôle moteur dans l’intégration régionale et la consolidation des entreprises africaines.
Les projections de la Banque mondiale montrent que la pleine mise en œuvre de la Zlecaf pourrait sortir 30 millions de personnes de la pauvreté et ajouter 450 milliards de dollars au PIB continental d’ici 2035. Avec une démographie en pleine expansion – près de 20 % de la population mondiale d’ici 2030 et la main-d’œuvre la plus importante au monde en 2050 – les entreprises qui se positionnent dès aujourd’hui disposeront d’un avantage concurrentiel décisif.
Le CAVIE, qui accompagne gouvernements et entreprises dans la compréhension des marchés et la réduction des risques, rappelle que ces mutations exigent des outils d’intelligence économique, de prospection stratégique et d’anticipation réglementaire. Toute organisation souhaitant capter les opportunités de la Zlecaf peut solliciter son expertise pour bâtir une stratégie adaptée et profiter des dynamiques régionales émergentes.
La Rédaction