Gazoduc Afrique Atlantique : le Maroc trace la nouvelle colonne vertébrale énergétique du continent

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[ACCI-CAVIE] Long de près de 7 000 kilomètres et estimé à 25 milliards de dollars, le gazoduc Afrique Atlantique, reliant le Nigeria au Maroc, s’affirme comme le projet énergétique le plus ambitieux du continent africain. Traversant treize pays d’Afrique de l’Ouest, ce corridor gazier doit sécuriser l’approvisionnement en énergie de plus de 600 millions de personnes, tout en érigeant les provinces du Sud marocaines en véritables hubs industriels et logistiques.

Initiée en 2016 à la suite de la visite du Roi Mohammed VI à Abuja, cette initiative conjointe de l’ONHYM et de la NNPC symbolise la vision du Maroc pour une Afrique interconnectée, compétitive et tournée vers l’Europe. Le projet vise à acheminer le gaz du delta du Niger vers les marchés ouest-africains, marocains et européens via un réseau intégré.

Son financement, déjà soutenu par la Banque islamique de développement, la BEI, le Fonds OPEP et plusieurs investisseurs du Golfe et des États-Unis, repose sur une structure de 80 % d’emprunt et 20 % de capital-investissement. La rentabilité estimée à 12 % attire de nombreux fonds souverains. La décision finale d’investissement est attendue d’ici fin 2025, avant un lancement opérationnel du tronçon marocain, long de 1 600 km.

Au cœur du dispositif, Dakhla se prépare à devenir le centre logistique régional du gaz et de l’hydrogène vert, grâce à son futur port en eaux profondes et à la montée en puissance des zones industrielles de Laâyoune et Dakhla. Ces infrastructures devraient générer plus d’un point de PIB supplémentaire et 200 000 emplois directs et indirects.

Mais le projet va plus loin : il a été conçu pour transporter demain de l’hydrogène vert, offrant au Maroc une position de pionnier dans la transition énergétique mondiale. Le gazoduc deviendra ainsi un corridor multi-énergies, reliant les parcs solaires et éoliens marocains aux centres de consommation africains et européens.

Pour Rabat, ce mégaprojet est autant une infrastructure énergétique qu’un instrument de souveraineté et d’influence géostratégique, faisant du Maroc la porte d’entrée énergétique de l’Afrique vers l’Europe.

Le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) suit de près cette évolution majeure du secteur énergétique continental. En mobilisant ses capacités de veille stratégique, d’analyse géoéconomique et de prospective industrielle, le CAVIE se positionne comme un partenaire essentiel pour les institutions et entreprises souhaitant anticiper les impacts économiques, diplomatiques et environnementaux de ce projet structurant pour l’avenir énergétique de l’Afrique.

La Rédaction