[ACCI-CAVIE] L’intelligence artificielle est devenue un levier clé de compétitivité et de transformation économique en Afrique. Pourtant, son déploiement reste limité par les freins au financement privé et la perception du risque. Dans ce contexte, les garanties publiques apparaissent comme un outil stratégique pour mobiliser les investisseurs. À travers ses travaux de veille, d’analyse et de formation, le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique (CAVIE) œuvre à structurer une adoption maîtrisée de l’IA. L’enjeu est clair : faire de l’IA un avantage compétitif durable pour les économies africaines.
Le défi du financement de l’IA en Afrique
L’intelligence artificielle a le potentiel de générer des gains économiques considérables à l’échelle continentale, mais ce potentiel est aujourd’hui freiné par un accès insuffisant aux capitaux privés. Sans une intervention sagace des pouvoirs publics et des institutions internationales, les investisseurs restent réticents dans un environnement considéré comme risqué.
Pour remédier à cette impasse, la Banque africaine de développement (BAD) propose un modèle innovant : des garanties publiques partagées, conçues pour réduire le risque perçu par les investisseurs privés. Ce mécanisme s’inscrit dans une stratégie plus vaste visant à mobiliser des capitaux privés significatifs autour de projets d’IA structurants.
Garanties publiques : un effet de levier pour attirer les investisseurs
L’approche proposée repose sur la création d’un fonds dédié à l’IA – l’Africa AI Growth & Innovation Fund. Ce véhicule financier, élaboré avec des partenaires techniques, ambitionne de réunir plusieurs milliards d’euros d’investissements, avec un objectif initial d’environ 3,4 milliards d’euros d’ici fin 2026.
La clé de ce dispositif réside dans un système de garanties publiques, couvrant une partie des pertes potentielles et répartissant le risque entre acteurs publics et privés. En assumant la première tranche de pertes (à hauteur d’un pourcentage défini), les institutions de développement et les bailleurs publics renforcent la confiance du secteur privé et favorisent son engagement dans des domaines essentiels : capacités de calcul, centres de données, infrastructures cloud et réseaux énergétiques fiables – autant de piliers essentiels à l’IA moderne.
Renforcer la compétitivité africaine par l’IA
L’enjeu dépasse largement le financement. L’intelligence artificielle est un vecteur de compétitivité, capable de dynamiser des secteurs clés tels que l’agriculture, la santé, la finance, l’industrie manufacturière ou encore le commerce. Dans une économie mondiale de plus en plus pilotée par les données et les capacités d’analyse avancées, l’Afrique ne peut se permettre de rester en retrait.
Pour le CAVIE, une adoption réussie de l’IA repose aussi sur une gouvernance robuste, une infrastructure de données efficiente et une coopération réglementaire continentale. Cela veut dire non seulement mobiliser les ressources financières, mais aussi développer les compétences locales, harmoniser les cadres réglementaires et encourager des initiatives publiques-privées adaptées.
Un appel à l’action collective
Au-delà des initiatives institutionnelles, la mobilisation autour de l’IA implique une coordination panafricaine. Lors de grands sommets dédiés à l’intelligence artificielle en Afrique, les dirigeants ont appelé à des fonds plus ambitieux, mêlant capitaux publics, privés et philanthropiques, avec des ambitions financières stratosphériques dépassant les dizaines de milliards
En somme, le défi majeur reste de transformer l’IA en un moteur tangible de croissance et de compétitivité pour le continent africain. Cela nécessite une action concertée qui associe garanties publiques, investissement privé, politique cohérente et renforcement institutionnel. Dans ce processus, le CAVIE joue un rôle déterminant pour traduire ces ambitions en stratégies opérationnelles concrètes, afin que l’Afrique tire pleinement parti de l’intelligence artificielle dans sa trajectoire de développement.
La Rédaction