[ACCI-CAVIE] Dans le documentaire « Coded Bias » sur Netflix, la chercheuse Joy Buolamwini du MIT révèle comment les algorithmes de reconnaissance faciale montrent des biais de genre et de race, soulignant l’importance de données variées et représentatives. Cette réalité met en lumière la nécessité pour l’Afrique de développer des systèmes d’Intelligence Artificielle (IA) basés sur des données locales afin de répondre à ses besoins spécifiques.
Les systèmes d’IA dépendent de données variées pour fonctionner efficacement. Sans données produites en Afrique, les algorithmes ne peuvent pas fournir des solutions pertinentes aux problématiques locales. Par exemple, un système d’IA dédié à l’agriculture doit être formé aux conditions spécifiques des sols et aux données climatiques africaines pour être utile.
La collecte de données en Afrique est entravée par des infrastructures insuffisantes et des connexions Internet encore instables. L’absence de normes communes complique également l’agrégation des données, retardant ainsi la mise en place de politiques sociales efficaces. Pour surmonter ces obstacles, il est impératif d’établir des standards communs et de renforcer les capacités de collecte et d’analyse.
Des exemples d’initiatives prometteuses émergent sur le continent. En agriculture, la startup kenyane FarmWorks utilise l’IA pour former les agriculteurs et optimiser les pratiques agricoles. Dans le secteur de la santé publique, des chercheurs analysent les données de téléphonie mobile pour anticiper la propagation des épidémies. De plus, des entreprises comme Husk Power Systems au Nigeria utilisent des systèmes d’IA basés sur des données locales pour améliorer l’efficacité énergétique.
Le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) surveille attentivement ces évolutions et peut offrir un soutien précieux aux organisations souhaitant naviguer dans ce paysage en mutation. En fournissant des analyses, des recommandations et des formations, le CAVIE aide les acteurs concernés à capitaliser sur les opportunités offertes par l’IA.
Pour exploiter pleinement le potentiel des données, les gouvernements africains doivent faciliter l’accès aux données publiques et investir dans des infrastructures comme des datacenters. Avec une IA adaptée aux besoins du continent, l’Afrique peut transformer ses défis en opportunités, devenant ainsi un acteur majeur de l’innovation mondiale. Grâce à la richesse des données générées par la forte pénétration des smartphones, l’Afrique est bien positionnée pour développer des solutions novatrices dans des domaines cruciaux tels que la santé, l’agriculture et l’éducation.
La Rédaction