[ACCI-CAVIE] Le Mobile World Congress de Kigali a confirmé ce que les spécialistes pressentaient : l’écosystème mobile s’affirme désormais comme l’un des piliers de l’économie africaine. Selon la GSMA, le secteur a généré 220 milliards de dollars en 2024, soit 7,7 % du PIB continental, et pourrait atteindre 270 milliards d’ici 2030. Une dynamique portée par la généralisation des réseaux haut débit, la montée en puissance de la 4G et de la 5G, et l’arrivée d’applications d’intelligence artificielle qui pourraient, à terme, doubler le taux de croissance économique du continent.
Cette croissance, pourtant, reste freinée par un obstacle majeur : le coût des terminaux. Alors que la couverture réseau dépasse déjà 90 % dans de nombreux pays, ce sont désormais les smartphones eux-mêmes qui constituent la principale barrière à l’accès numérique. Pour y répondre, la GSMA et plusieurs grands opérateurs africains ont annoncé la création d’un standard technique destiné à produire un smartphone 4G de bonne qualité, proposé entre 30 et 40 dollars. Une initiative appelée à transformer l’inclusion numérique, dans un contexte où les taxes et les coûts d’importation alourdissent encore fortement les prix dans plusieurs pays. Selon la GSMA, un appareil à 40 dollars permettrait à des dizaines de millions de personnes supplémentaires de rejoindre l’internet mobile.
Dans le même mouvement, l’association entend accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle sur le continent. Une collaboration panafricaine a ainsi été lancée pour concevoir des modèles de langage formés sur des langues et des données africaines, un enjeu crucial pour bâtir des outils réellement adaptés aux réalités locales. À l’heure où plus de 2 000 langues sont parlées en Afrique, cette initiative ambitionne de transformer une diversité souvent négligée en atout stratégique, et de donner au continent les moyens de maîtriser ses propres technologies.
Parallèlement, la 5G poursuit sa progression. Encore limitée à 2 % des connexions, elle devrait atteindre près d’un quart du total d’ici 2030, portée par les premiers services FWA déjà disponibles auprès de plusieurs opérateurs. Mais l’écart entre couverture et usage persiste : malgré l’expansion rapide des réseaux, près de la moitié des Africains n’utiliseront toujours pas les services mobiles d’ici la fin de la décennie si les coûts des terminaux ne baissent pas.
Ces transformations profondes sont suivies de près par le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE), qui analyse en continu les évolutions des télécoms, de la connectivité et de l’IA. Dans un environnement où les choix technologiques deviennent structurants pour les États comme pour les entreprises, le CAVIE se positionne comme un partenaire stratégique indispensable pour éclairer la décision, anticiper les ruptures, et accompagner ceux qui souhaitent tirer pleinement parti de cette nouvelle phase de croissance numérique.
La Rédaction