[CAVIE-ACCI] Ericsson franchit un cap stratégique en Afrique avec le déploiement de réseaux mobiles privés, une technologie conçue pour accélérer la modernisation de secteurs industriels clés, à commencer par les mines. Au Africa Tech Festival de Cape Town, Badr Ndour, responsable de la région Afrique de l’Ouest et Australe, a indiqué que cette nouvelle orientation vise à combler le fossé numérique tout en améliorant la productivité et la compétitivité du continent.
La 5G, au cœur de cette stratégie, est présentée comme un levier industriel plutôt qu’un simple outil de connectivité. Sa capacité à assurer une couverture rapide, large et stable, sans les contraintes d’infrastructures lourdes comme la fibre, ouvre la voie à de nouveaux modèles d’exploitation. Dans les mines, elle permet l’autonomisation des machines, la supervision à distance, les inspections par drone ou encore l’usage de véhicules autonomes — des avancées susceptibles de transformer en profondeur les chaînes de production.
À cette couche technologique s’ajoute l’intelligence artificielle, déployée pour optimiser l’usage énergétique, automatiser la gestion des réseaux et anticiper les pannes. Une évolution déterminante dans des zones où la qualité des infrastructures reste un défi et où chaque gain de performance peut peser sur les coûts d’exploitation.
Ericsson, présent en Afrique depuis plus d’un siècle, entend s’appuyer sur son implantation historique pour mener ce virage. L’entreprise affirme vouloir travailler en étroite collaboration avec les opérateurs télécoms nationaux et les gouvernements pour faciliter l’accès au spectre radio, condition incontournable pour l’essor des réseaux privés. Son modèle d’investissement hybride, associant solutions propriétaires et partenariats locaux, pourrait accélérer l’adoption de la 5G industrielle bien au-delà du secteur minier.
Pour le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE), cette offensive technologique ouvre un nouveau front de compétitivité. Les acteurs industriels qui sauront anticiper l’arrivée des réseaux privés sécuriseront un avantage stratégique majeur. Les gouvernements et organisations économiques qui souhaitent comprendre les implications de cette mutation — en matière de souveraineté numérique, de productivité ou de sécurité industrielle — peuvent s’appuyer sur la veille prospective du CAVIE pour éclairer leurs décisions dans un environnement où la technologie redéfinit les rapports de force.
La Rédaction