Du 22 au 26 juin 2026, Yaoundé a été le théâtre d’une mutation silencieuse mais profonde de l’administration camerounaise. Sous l’impulsion d’une instruction expresse du ministre des Travaux Publics (MINTP), Nganou Djoumessi, 21 cadres de ce département stratégique ont achevé une session intensive de certification en veille technologique, intelligence des risques et gestion des crises. Pilotée par le Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique (CAVIE), sous la conduite du Dr Guy Gweth, cette activité dépasse le simple cadre de la formation continue : elle marque l’entrée du MINTP dans l’ère de l’intelligence stratégique appliquée aux infrastructures de souveraineté.
L’impératif de la proactivité : une décision de leadership
Cette session n’était pas inscrite au plan annuel de formation. Elle ne figurait pas sur les tablettes budgétaires classiques. Pourtant, elle a eu lieu. Cette anomalie apparente est en réalité le signe d’une lucidité managériale : face à la complexité croissante des enjeux infrastructurels, à la viralité informationnelle et à l’instabilité des écosystèmes économiques, le ministre des Travaux Publics a jugé la thématique « critique ».
En choisissant le CAVIE, le MINTP ne s’est pas contenté d’un prestataire ; il a sollicité une doctrine panafricaine avant-gardiste. Car le MINTP, en sa qualité d’« ingénieur de l’État », n’a pas seulement vocation à créer des routes ou des ponts ; il façonne le socle matériel sur lequel repose la sécurité nationale et le développement économique du Cameroun. Dans un monde où les risques ne sont plus seulement physiques mais informationnels, financiers et réputationnels, la capacité d’anticipation devient la première des compétences techniques.
La doctrine CAVIE : sanctuariser l’action publique
Le CAVIE, fort de son leadership panafricain et de son expertise reconnue dans la mise en place de dispositifs endogènes de veille, d’intelligence économique, de due diligence et de gestion des risques, propose bien plus qu’une formation académique : il transmet une « culture du renseignement stratégique légal ». Comme le rappelle la doctrine du Centre, les crises sont désormais l’avenir de la communication globale et le quotidien des organisations performantes.
À Bastos, au quartier général Afrique du CAVIE, les 21 cadres du MINTP ont été immergés dans une méthodologie rigoureuse. L’objectif : intégrer la gestion des risques et la veille technologique au cycle de vie normal des projets d’infrastructures. Il ne s’agissait pas seulement de réagir à une crise, mais de construire une « intelligence de la décision » dans une approche disruptive.
Technicité et outils : une adaptation sur-mesure
La session, hautement qualifiante, a permis de traduire des concepts théoriques de haut vol en outils pratiques. Tout au long de ses interventions, Dr Guy Gweth, président du CAVIE, a méthodiquement déconstruit les vulnérabilités propres aux travaux publics locaux.
La veille technologique, pilier de cette formation, permet désormais aux cadres du MINTP d’anticiper les ruptures dans les matériaux, les innovations dans le génie civil, et les évolutions normatives internationales avant qu’elles ne deviennent des contraintes subies.
L’intelligence des risques, quant à elle, a été adaptée pour identifier les zones d’ombres dans les partenariats publics-privés, les fragilités des chaînes d’approvisionnement et les menaces liées à la cybercriminalité industrielle.
Enfin, la due diligence renforcée a été au cœur des échanges. Pour une administration qui manipule des budgets colossaux et des enjeux de sécurité publique majeurs, savoir vérifier la solvabilité, l’éthique et la fiabilité des partenaires internationaux est devenu un impératif de souveraineté. Cette approche protège l’État contre les risques de spoliation, de corruption et de défaillances contractuelles, garantissant ainsi la pérennité des investissements.
Vers une gouvernance par l’intelligence
Le basculement opéré par cette formation est cognitif. Pour ces 21 cadres, le réflexe administratif classique – la gestion de dossier – doit désormais s’effacer devant le réflexe analytique : la recherche d’information, son traitement, son analyse et sa transformation sécurisée en aide à la décision. Les participants, forts de cette certification, sont ressortis avec une conviction partagée : la sécurité d’un ouvrage ne dépend pas seulement du ciment ou de l’acier, mais de la solidité de l’information qui a présidé à sa conception. À l’issue de cette session, les témoignages de gratitude envers le MINTP pour cette initiative visionnaire ont été unanimes. L’enthousiasme des cadres à l’idée d’implémenter les recommandations issues des travaux démontre que le terreau est fertile pour une transformation profonde de la culture managériale au sein du ministère.
Un modèle pour les administrations africaines
En s’adossant au CAVIE, le MINTP démontre que l’administration camerounaise en particulier, et africaine en général, peut se saisir des outils les plus pointus de l’intelligence stratégique mondiale domestiqués par le centre pour servir ses intérêts nationaux. Le CAVIE confirme, par cette opération, son rôle de catalyseur de la transformation publique en Afrique.
Ce modèle de gouvernance par l’intelligence est appelé à faire école. Car dans la gestion des crises et la conduite des grands travaux, l’improvisation est un coût prohibitif. En dotant ses cadres de ces nouveaux outils, le MINTP fait le choix de la maîtrise. Il ne se contente plus de construire l’avenir ; il apprend à le surveiller, à l’anticiper et à le sécuriser. C’est là, sans doute, le plus grand projet d’infrastructure que le Ministère pouvait entreprendre : celui de l’intelligence stratégique.
En rappel, le CAVIE propose 100 formations courtes, intensives, certifiantes et augmentées, tout au long de l’année, en présentiel et en distanciel, en groupe ou en one-to-one. Découvrez le catalogue ICI
La Rédaction

