[CAVIE-ACCI] Le Zimbabwe entend faire de son programme spatial un véritable levier de développement socio-économique. Après le lancement de son premier satellite en 2022, puis d’un second en 2024, le pays mise désormais sur un troisième satellite national, ZIMSAT-3, pour accélérer la transformation numérique et réduire la fracture digitale.
Ce projet stratégique s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2 (NDS2), qui couvrira la période 2026-2030. Selon ce document de référence, ZIMSAT-3 devra jouer un rôle central dans l’amélioration de la connectivité nationale. Il « soutiendra le renforcement de la connectivité et les efforts de transformation numérique, complétera l’expansion nationale du haut débit et contribuera à améliorer l’accès aux services numériques dans les zones rurales comme urbaines », précisent les autorités.
L’initiative intervient dans un contexte où le gouvernement zimbabwéen cherche à généraliser l’accès à Internet. Dès mars 2024, les autorités avaient annoncé explorer des partenariats avec plusieurs fournisseurs de services satellitaires afin d’étendre la couverture et de réduire les coûts d’accès. Le satellite apparaît ainsi comme une solution complémentaire aux réseaux terrestres, souvent limités par les contraintes géographiques et financières.
Au-delà du spatial, la NDS2 prévoit une extension massive des infrastructures numériques : déploiement de la fibre optique haut débit dans les zones urbaines, périurbaines et rurales, expansion du haut débit mobile et installation de kiosques numériques alimentés à l’énergie solaire dans les communautés hors réseau ou mal desservies. Les autorités encouragent également des accords de partage d’infrastructures entre opérateurs télécoms, afin d’accélérer la couverture nationale et de réduire le coût des services numériques.
Le choix du satellite s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique subsaharienne, où cette technologie est de plus en plus utilisée pour combler la fracture numérique. Selon la GSMA, la région comprend « certaines des géographies les plus difficiles pour les réseaux terrestres », notamment des forêts tropicales, des déserts et des chaînes montagneuses, rendant le satellite particulièrement pertinent.
Les défis restent néanmoins importants. Début 2025, le Zimbabwe comptait 6,45 millions d’utilisateurs d’Internet, soit un taux de pénétration de 38,4 %, selon DataReportal. D’après l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture des réseaux mobiles atteignait 93,9 % en 2G, 87,9 % en 3G, 51,6 % en 4G et seulement 15,9 % en 5G en 2024, soulignant l’ampleur du chantier à venir.
Dans ce contexte, le Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) suit avec attention l’évolution du programme spatial zimbabwéen et, plus largement, l’essor des technologies satellitaires en Afrique. En analysant les enjeux de souveraineté numérique, de partenariats technologiques, de financement et d’impact socio-économique, le CAVIE se positionne comme un appui stratégique pour les États, les opérateurs télécoms et les investisseurs. À la demande des organisations, ses travaux de veille et d’anticipation permettent d’éclairer les décisions dans un secteur où le numérique et le spatial deviennent des moteurs clés du développement africain.
Avec ZIMSAT-3, le Zimbabwe affiche ainsi une ambition claire : faire du ciel un accélérateur de connectivité au service de l’inclusion numérique et de la croissance nationale.
La Rédaction