ZLECAf : l’intervention du CAVIE au Biashara2026 de Lomé

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[ACCI-CAVIE] Lors du forum Biashara Afrika 2026 du 17 au 20 mai, à Lomé, le CAVIE s’est imposé comme le partenaire de référence pour armer scientifiquement les entreprises face aux défis de la ZLECAf. À travers deux Masterclass de haut niveau soutenues par la BAD, le Centre a déployé une doctrine tripartie offensive et des outils numériques concrets adaptés aux réalités du terrain. Cette intervention pilotée par Dr Guy Gweth marque une étape clé pour l’autonomie informationnelle et la prospérité du marché unique africain.

La Zone de libre-échange continentale africaine, projet titanesque de l’Union africaine visant à unifier les cinquante-cinq États membres en un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs, franchit un cap décisif. Alors que les prévisions de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement indiquent qu’une mise en œuvre complète du traité pourrait générer vingt-huit millions d’emplois et accroître le produit intérieur brut régional de 7% à 9% d’ici 2035, la question de l’armement stratégique des entreprises reste entière. C’est dans ce contexte que le forum Biashara Afrika 2026, tenu à Lomé au Togo du 17 au 20 mai 2026, a vu l’intervention du Centre africain de veille et d’intelligence économique s’imposer comme le pivot méthodologique de cette transition historique.

Invité en qualité de facilitateur technique principal, le président du Centre africain de veille et d’intelligence économique a dirigé deux sessions majeures dédiées à l’intelligence compétitive. Cette contribution s’intègre directement dans le projet de Hub d’aide à la facilitation du commerce intra-africain, une initiative d’envergure menée par le Centre for Regional Integration in Africa en partenariat avec l’African Capacity Building Foundation et soutenue financièrement par la Banque africaine de développement.

Face aux défis structurels persistants, tels que le déficit infrastructurel et la complexité des procédures douanières, cette participation a marqué l’avènement d’une doctrine de souveraineté informationnelle indispensable pour transformer le potentiel théorique du marché unique en succès commerciaux tangibles.

Le déploiement d’une doctrine tripartie face aux réalités du marché unique

Devant un auditoire composé de dirigeants de micro, petites et moyennes entreprises, l’institution a exposé sa vision selon laquelle l’information stratégique constitue le carburant majeur de la croissance régionale.

L’approche défendue dépasse le cadre classique des techniques d’import-export pour instaurer un processus rigoureux de questionnement, de collecte, de traitement et d’analyse légale du renseignement utile à la décision. Cette posture doctrinale, validée par les instances panafricaines et les bailleurs de fonds, s’articule autour d’un triptyque stratégique adapté aux réalités de la concurrence internationale.

Le volet défensif de cette approche vise à ériger un bouclier pour sécuriser le patrimoine informationnel et industriel des opérateurs face aux pratiques prédatrices extérieures.

Sur le plan offensif, la méthode fournit aux entreprises les clés d’une conquête méthodique des marchés transfrontaliers en convertissant la libéralisation douanière en débouchés concrets.

Enfin, l’axe lié à l’influence consacre l’urgence pour le continent de produire ses propres normes juridiques et techniques, de façonner ses récits économiques et de maîtriser les dynamiques de contre-influence afin de ne plus subir passivement les règles du commerce mondial.

Des instruments opérationnels pour l’autonomisation des entreprises championnes

Le succès de ce rassemblement économique s’est traduit par la conception de solutions pragmatiques conçues pour briser l’asymétrie informationnelle qui désavantage structurellement les entrepreneurs locaux. Le Centre africain de veille et d’intelligence économique a encadré en priorité un noyau de cinq entreprises championnes en quête d’optimisation numérique, débouchant sur la création d’outils immédiatement exploitables et adaptés aux formats mobiles pour faciliter l’accès direct des décideurs sur le terrain.

Trois livrables majeurs ont été introduits lors de ces sessions de Lomé. Une boîte à outils de numérisation permet d’accélérer la transition digitale des structures de taille modeste, tandis qu’un guide pratique de pénétration des marchés détaille les étapes nécessaires pour surmonter les barrières non tarifaires persistantes.

Ces dispositifs sont complétés par un rapport global de maturité conçu pour évaluer la capacité des entreprises à intégrer les flux d’échanges transfrontaliers. Ces ressources visent à autonomiser les acteurs économiques face aux exigences de conformité et à la complexité logistique du continent.

Perspectives pour une intégration systémique de la veille stratégique

L’intervention de Lomé consacre la reconnaissance institutionnelle d’une expertise endogène capable d’accompagner la transition vers un espace économique unifié. Alors que le commerce intra-africain ne représente historiquement que 15% à 18% des échanges globaux, les modèles prospectifs indiquent qu’une suppression efficace des barrières non tarifaires pourrait porter ce taux à près de 40% à long terme, générant un surplus annuel estimé à vingt-cinq milliards de dollars dès la présente décennie.

L’aboutissement de ces travaux ouvre la voie à une intégration systématique des mécanismes de veille et d’intelligence compétitive au sein des politiques publiques nationales et des réseaux de chambres de commerce à l’échelle continentale. La capacité à transformer l’économie africaine ne dépendra pas uniquement de la baisse des barrières tarifaires, mais de l’aptitude collective des États et des entreprises à maîtriser l’information stratégique pour asseoir la prospérité des générations futures.

La Rédaction